[Publications du GHS et de Histoire & Sociétés]

 

Vient de paraître :

Le Siècle des guerres : Penser les guerres du premier Vingtième siècle

Sous la direction de P. Causarano, V. Galimi, F. Guedj, R. Huret, I. Lespinet-Moret, J. Martin, M. Pinault, X. Vigna et M. Yusta

vient de paraître, octobre 2004, aux Editions de l'Atelier
606 pages, 33 euros, ISBN 2-7082-3762-4

Les anniversaires sont des moments propices aux bilans. Le soixantième anniversaire du débarquement ne déroge pas à la règle. Les concours de recrutement des enseignants d'histoire du secondaire invitent les étudiants à étudier les rapports entre Guerres, paix et sociétés en Europe, aux Etats-Unis et au Japon entre 1911 et 1946. Les chercheurs sont appelés à proposer les premières synthèses susceptibles de s'émanciper d'historiographies par trop nationales répondant à des objectifs de mémoire alors que la demande d'une histoire européenne, voire mondiale, du siècle et de ses guerres voit le jour et se traduit par le rayonnement de nouveaux " lieux de mémoire " comme le Mémorial de Caen.
C'est pour répondre à cette demande qu'une équipe de jeunes historiens européens, membres de la rédaction de la revue Histoire & Sociétés, revue européenne d'histoire sociale, s'est attelé à la coordination de cet ouvrage collectif sur les guerres du premier XXe siècle. Avec le 60e anniversaire du débarquement, le temps est peut-être venu d'une histoire européenne de la guerre. L'occasion est favorable au moins à un retour historique et historiographique sur un siècle marqué par la guerre et les destructions massives : un siècle "qui a vécu et pensé en termes de guerre mondiale, même lorsque les armes se taisaient et que les bombes n'explosaient pas " (E. Hobsbawn).
Evoqué dès les lendemains de la Seconde guerre mondiale par un homme politique italien publiant ses " Souvenirs de la guerre de Trente Ans (1915-1945) ", le cadre interprétatif d'analyse du premier XXe siècle est désormais bien établi. Abordée sous l'angle de la "Fin de l'Ancien régime" (A. Mayer) ou plus récemment sous celui de la " Crise des sociétés impériales " (C. Charle), une hypothèse sous-tend l'ensemble des travaux : la Seconde Guerre mondiale est reliée par un cordon ombilical à la Première Guerre mondiale : " […] ces deux conflits constituent la guerre de Trente Ans de la crise générale du XXe siècle " (C. Charle).
Cette hypothèse commune a donné lieu à de riches travaux qui dans des champs de spécialités variés, de l'histoire politique, de l'histoire sociale ou de l'histoire culturelle, ont interrogé les relations entre guerres et sociétés dans la perspective de cette continuité d'un demi-siècle guerrier. Cette hypothèse n'exclut pas de fortes polémiques historiographiques, dont la plus fameuse est sans doute celle suscitée, à la suite des travaux de l'historien allemand E. Nolte, par l'interprétation de cette continuité sous la catégorie de "guerre civile européenne ".
Elle constitue le cadre à partir duquel le projet de cet ouvrage a été pensé. Le Siècle de la guerre réunit une cinquantaine de contributions Études de cas et analyses de synthèses se mêlent pour dessiner les contours d'un bilan historiographique qui s'est fixé deux ambitions originales : rassembler les meilleurs spécialistes américains, allemands, belges, britanniques, espagnols, français, irlandais, italiens, russes ou suisses afin de construire par cette confrontation un ouvrage s'émancipant d'une approche nationale de l'histoire des guerres du siècle ; favoriser par cette confrontation une interrogation critique de quelques-unes des catégories d'analyses parmi les plus en vogue aujourd'hui. Ainsi, en proposant de repenser la chronologie du siècle, s'ouvrant à la guerre de Sécession américaine et aux guerres coloniales de la fin du XIXe siècle, Le Siècle des guerres suivant des voies anciennes reconsidère la place de la " Grande Guerre " dans l'avènement du phénomène de la guerre totale. En accordant une large place aux périodes de paix dans ce siècle comme aux expériences de guerre, il s'attache à mieux cerner les guerres qui eurent tendance à s'estomper sous des événements (les commémorations) ou des catégories (comme celle de guerre civile) écrans. Enfin, en prenant au pied de la lettre en somme l'expression de " guerre de Trente Ans " (le retour à une période violence et de massacres européens), Le Siècle des guerres s'attache à proposer les réflexions importantes de ces spécialistes sur les rapports entre production, modernisation et violence. La guerre est en effet un " acte social " qui ne peut se penser qu'en articulation avec les transformations des formes d'organisation des productions et du travail ; la guerre s'industrie en même temps que l'économie se militarise (P. Naville). Le Siècle des guerres s'efforce ainsi de comprendre le paradoxe souligner par Mark Mazower dans l'essai qui termine cet ouvrage : " Il n'y a pas si longtemps, on pensait que modernisation était synonyme de prospérité, de stabilité et de bien-être social. Lorsque les sociologues cherchaient à expliquer certains phénomènes de violences politiques précédant notre époque, ils avaient tendance à les considérer comme relevant d'un processus de transition. Aujourd'hui les chercheurs estiment que le XXe siècle se caractérise précisément par les massacres sanglants, sans aucun précédent historique, qui l'on jalonné. […] Génocide, purification éthnique, massacre d'un nombre inégalé de civils - en temps de guerre ou de répression politique massive - tout cela participe de ce que Charle Maier a appelé une époque d' " atrocité morale ". " : un Siècle de guerres.


Introduction : La guerre un fait social total


Première Partie : La guerre du premier Vingtième siècle : un siècle de guerres
Deuxième Partie : Expériences de guerre
Troisième Partie : Guerre et changement social
Quatrième Partie : Après-guerre et cultures de paix
Cinquième Partie : Interpréter la guerre : des catégories d'analyse de la guerre au Vingtième siècle

Remerciements :

Le
XXe siècle des guerres est une étape importante dans notre projet de promotion d¹une histoire sociale résolument comparatiste. Cette entreprise collective n¹aurait pas été possible sans la collaboration active des auteurs de ce livre que nous tenons à remercier pour leur disponibilité, leur ouverture et la diligence avec laquelle ils ont répondu à notre invitation.

Outre les traductrices et traducteurs et les membres des éditions de l¹Atelier, nous remercions tous les historiens et historiennes qui ont soutenu ce projet directement :
notamment Alain Blum, Christoph Conrad, Jean-Paul Depretto, Ian Kershaw, Sandrine Kott ;
et particulièrement Jean-Jacques Becker, Volker R. Berghahn, Fabienne Bock, Robert Franck et Antoine Prost qui ont introduit les cinq parties.
Nous tenons à renouveler tous nos remerciements à Jean-Paul Depretto sans lequel l'historiographie russe ne serait pas représentée dans ce livre ainsi que pour ses relectures des traductions.

 

Rappel :

Histoire sociale de l'Europe : Industrialisation et société en Europe occidentale, 1880-1970

textes réunis par Fançois Guedj et Stéphane Sirot

préface de Antoine Prost

Seli Arslan 1997, 411 p.

 

 

 

 

 

 

 

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